Annie Ernaux, prix Nobel de littérature, au JDD : « J’ai fait de ma vie ce que je voulais »
L’auteure des « Années »,
Annie Ernaux, la première
écrivaine française à recevoir le prix Nobel de littérature pour une œuvre intime et collective.
Annie Ernaux, le 10 octobre à New York. (Ángel Colmenares/EFE/SIPA)
Rien n’a changé, rien ne changera. La maison de Cergy-Pontoise, dans le Val-d’Oise ; le portail grand ouvert ; le jardin jonché de feuilles rouges. Annie Ernaux a reçu le prix Nobel de littérature, à l’âge de 82 ans. Elle revient des États-Unis, elle repart en Italie. L’auteure de La Place voyage pour défendre le documentaire Les Années Super 8, coréalisé avec son fils David Ernaux-Briot à partir d’archives de vidéos familiales capturées entre 1972 et 1981, et porter une œuvre littéraire et politique préoccupée par la marche du monde.
Le prix Nobel va-t-il bouleverser votre vie ? Je crains le nombre de sollicitations car j’ai toujours une bonne raison d’accepter. Disons qu’il y a celle que je suis et celle qui a reçu le prix Nobel de littérature, et les deux n’ont pas beaucoup de rapport entre elles. On pensait au Nobel pour moi, mais moi je n’y pensais pas. Sans doute ce sentiment est-il lié à ma jeunesse. À partir de 20 ans, je savais que l’écriture était pour moi, mais je ne songeais pas aux récompenses. Je n’oublie pas que les prix littéraires sont toujours injustes. Le prix Nobel est à part : il ne récompense pas un livre, mais une trajectoire. Le Nobel est politique au sens où il se veut à la fois de son époque et tourné vers l’avenir. Il est dans le mouvement du monde.
À qui dédiez-vous votre Nobel ? À ceux qui souffrent d’injustice et qui ont un espoir de plus de liberté et de justice. Je ne peux pas le dédier à ceux dont je suis issue. Il faut penser à l’avenir. J’écris depuis ce monde dont je viens, qui ne savait même pas que le prix Nobel existait, mais vers les autres qui souffrent d’autres dominations
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