vendredi 6 février 2026

 🗞️ Dans son article « J’ai eu l’impression d’être morte-vivante : pourquoi la France abandonne ses malades du Covid long », la journaliste Elsa Margueritat met des visages sur une crise sanitaire majeure, encore largement ignorée.


Est ce que vous aussi personne ne trouve ce que vous avez ? Douleurs neuropathiques (décharges picotements engourdissements) douleurs articulaires musculaires syndrome de tachycardie posturale erythermalgie (brûlures horribles sur tout le corps ) troubles visuels et tous les examens sont normaux on nous dit c’est post infectieux mais ça fait long c’est toujours aussi sévère et des symptômes se rajoutent de mois en mois.. personne ne vous explique et que faire pour aller mieux?


C’est l’histoire de Claire, Alice, Caroline, dont nous découvrons les témoignages au sein de l’article, mais aussi de milliers d’autres personnes dont la vie a basculé après une infection au Covid.


💥 Les données scientifiques sont pourtant claires : 50% des personnes atteintes de Covid long développent une encéphalomyélite myalgique (EM), une maladie systémique invalidante, grave, mais pas rare. Avec pour symptôme cardinal, le malaise post-effort. 


L’article illustre concrètement les conséquences de cette méconnaissance médicale : “Alice en est l’un des visages les plus bruts. Après son crash au travail, elle est orientée vers la psychiatrie. « On m’a donné des antidépresseurs… je me suis laissée guider ». Elle n’a alors ni l’énergie ni les repères pour contester et pendant des mois l’hypothèse psychiatrique domine, malgré l’absence de signes dépressifs. Jusqu’au moment du diagnostic, apparu trop tard : entre-temps, la maladie a progressé. “


🩺 Faute de prise en charge sérieuse et adaptée, les trois témoignages montrent une aggravation de l’état de santé, directement liée à la méconnaissance de l’EM et du Covid long par une partie du corps médical.


Dans un avis rendu le 7 novembre 2023, le Comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires (COVARS) alerte : “Les effets de ce décalage français se font déjà sentir. […] Le COVARS alerte sur une psychiatrisation des symptômes et une crise de confiance durable entre patients et soignants. Autrement dit, à mesure que le phénomène s’étend, la médecine française continue de produire de l’errance et des prises en charge inadaptées.”


✊ À cette errance médicale s’ajoute une seconde violence : l’accès aux droits.


“Le COVARS décrit une véritable « stigmatisation institutionnelle », qui entrave l’accès à la protection sociale, en particulier pour les formes sévères. Alice en fait l’expérience la plus crue. Après une succession de refus, « je n’ai donc plus aucun revenu depuis début novembre 2025 ». (...) Caroline, elle, a fini par obtenir une ALD (après quatre demandes), une reconnaissance MDPH à 50 %, puis une invalidité de catégorie 2. Quand le système fonctionne, c’est souvent parce que le patient a les bons relais, pas parce que la prise en charge est pensée pour ces maladies”


Ces constats rejoignent les récits des patients : errance médicale, prises en charge inadaptées, prescriptions délétères, difficultés d’accès à la reconnaissance du handicap, perte de revenus, isolement social.


📌 Lien vers l’article complet (reservé aux abonnés) : https://www.marianne.net/societe/sante/jai-eu-limpression-detre-morte-vivante-pourquoi-covid-long-et-fatigue-chronique-sont-sous-estimes-en-france


Merci à tous ceux ayant pu rendre possible cet article. Ensemble on est plus forts et on va plus loin !

jeudi 5 février 2026

LES BÉKÉS


En outre-mer, une caste patronale et des lobbys tout-puissants

Par Julien Sartre

Ils ont table ouverte dans les lieux de pouvoir de Paris à Bruxelles, façonnent la politique économique des Dom et sont à la tête d’empires financiers sur tous les océans : les békés et le groupe martiniquais Bernard Hayot ne cessent d’étendre leur emprise.

Réunion, Mayotte, Guadeloupe, Martinique (France).– Dans la grande salle du « Contentieux » du Conseil d’État, au Palais-Royal, à Paris, les avocats du Groupe Bernard Hayot (GBH) ont le sourire. Nous sommes en juin 2020 : les hommes en robe et en costume-cravate défendent devant le juge des référés – soit dans une procédure d’urgence – le rachat par leur client de son principal concurrent dans le secteur de la grande distribution à La Réunion et à Mayotte.

Le président du tribunal est lui aussi de très bonne humeur, il est à « tu et à toi » avec les représentants de l’Autorité de la concurrence mais aussi avec les avocats du groupe martiniquais. Quelques jours auparavant, l’autorité administrative indépendante a fait savoir que ce rachat – l’absorption de Vindémia, la partie ultramarine du groupe Casino, par GBH – ne posait aucun problème particulier. À l’opposé des craintes exprimées par de nombreux hommes et femmes politiques sur l’île de La Réunion, ainsi que par de nombreux observateurs de la vie économique, l’Autorité de la concurrence n’a pas même jugé bon de déclencher la « phase 2 » des enquêtes sur cette opération de concentration économique avant de donner son feu vert.

À Paris, lors de l’audience au Conseil d’État, Étienne Chantrel, chef du service des concentrations à l’Autorité de la concurrence, reprend à son compte les arguments de GBH et soutient sans ciller devant le bienveillant juge des référés que « même si cela arrive très rarement, en réalité ce dossier soumis à l’Autorité de la concurrence consiste en une opération de déconcentration ».

Dans l’ordonnance rendue une semaine plus tard, la plus haute juridiction administrative confirme intégralement l’absence d’« atteinte grave et immédiate au maintien de la concurrence ». Grande distribution, pièces automobiles, enseignes d’équipement sportif, agroalimentaire : les békés viennent de prendre le contrôle de l’économie de deux Dom supplémentaires. Avec La Réunion et Mayotte qui tombent dans leur escarcelle, c’est un bassin de population de plus d’un million d’habitants, en forte croissance, au pouvoir d’achat à grand potentiel, qui vient grossir un portefeuille déjà bien garni.

« Guadeloupe, Mayotte, Réunion : les békés ne s’arrêteront jamais de coloniser ! » Dans un cri du cœur en direction de ses compatriotes de l’outre-mer, l’homme politique et penseur indépendantiste martiniquais Garcin Malsa a le sentiment de prêcher dans le désert autant que de rappeler des évidences. Mediapart l’a rencontré chez lui, en mars 2021, à Sainte-Anne, au sud de son île des Caraïbes. « C’est ce que les Réunionnais, les Mahorais, doivent comprendre : les combattre, nous aider à les combattre, c’est se sauver ! Leurs racines sont ici, ce sont eux qui gouvernent ici. Ce sont les maîtres du pays, ce n’est pas symbolique, c’est de la realpolitik. C’est pourquoi notre combat est plus dur en Martinique. »

Le penseur et homme politique indépendantiste martiniquais Garcin Malsa est un pionnier de l'écologie politique dans la Caraïbe. © JS

Un combat qui ne date pas d’hier. Dans son livre Les Blancs créoles de la Martinique, une minorité dominante (L’Harmattan, 2002, Paris), l’anthropologue Édith Kováts Beaudoux décrit sans fard un groupe « de moins de 1 % de la population globale, soit un peu plus de 3 000 personnes […], caractérisé par son morcellement intérieur et par sa forte cohésion vis-à-vis de l’extérieur, facteur principal de sa survie raciale et du maintien de sa position socio-économique privilégiée ».

Envoyés par la France de Richelieu afin d’y établir des comptoirs, à partir du XVIIsiècle, les Blancs créoles ont toujours été à la manœuvre dans le façonnement de l’économie coloniale. À la tête des plantations – appelées localement « habitations » – alternant les types de cultures (café, épices, canne à sucre, ananas, bananes...) et exploitant les dizaines de milliers d’esclaves arrachés à l’Afrique, ils ont fait correspondre exactement leur production aux besoins de la métropole.

Aujourd’hui encore, la part la plus opulente de cette caste vit dans une zone bien précise de la Martinique. Sur la commune du François, le lotissement Cap-Est concentre – une fois passées des plantations de bananes où travaillent des ouvriers noirs occupés à charger les lourds régimes dans de petites camionnettes – de somptueuses demeures, avec accès privatif à la mer. Endogamie, confidentialité stricte et non-mixité sont toujours la règle.

L’emprise des groupes détenus par les békés sur les économies insulaires est totale. Selon un rapport indépendant dont le groupe martiniquais conteste farouchement les conclusions, GBH contrôle, depuis son rachat de Vindémia en 2020, plus de 45 % du commerce de détail sur l’île de La Réunion, pour un chiffre d’affaires annuel de plus de deux milliards d’euros. À Mayotte, la situation est encore plus critique : la quasi-totalité des « doukas », des commerces de proximité, sortes d’épiceries traditionnelles réparties aux quatre coins de l’île, sont devenues sa propriété.

D’où vient la bienveillance des pouvoirs publics à l’égard d’une telle concentration dans les départements d’outre-mer ? De l’organisation de cette caste patronale en lobbys tout-puissants. Leurs noms sont Fédération des entreprises d’outre-mer (Fedom) et Eurodom. Via ses administrateurs, GBH fait partie des fondateurs de ces organisations.

Consacrés pour le premier au Parlement français et aux ministères parisiens, pour le second aux mêmes et aussi aux institutions bruxelloises, les deux lobbys rassemblent la totalité des entreprises détenues par les békés et négocient en leur nom les adaptations réglementaires, les aides étatiques et européennes, la législation en vigueur, etc. Ils comptent également dans leurs rangs la majorité des collectivités d’outre-mer qui leur confient ainsi les clés et les pouvoirs de négociation à propos de l’octroi de mer par exemple.

« À la Fedom, nous pouvons avoir des positions diverses et contradictoires en ce qui concerne l’octroi de mer », tient à relativiser son actuel président, Hervé Mariton. Homme de droite, ancien ministre de l’outre-mer du président Jacques Chirac, il réfute l’expression de « lobby tout-puissant ». « Est-ce qu’il y a un surplomb de ces groupes dans la vie de la Fedom ? La réponse est non. Cet acteur de poids en particulier ne dirige pas la Fedom. »

Toute l’année, les lobbyistes écrivent des amendements que les parlementaires, français comme européens, soumettent ensuite au vote de leurs collègues ; ils sont reçus à intervalles extrêmement réguliers au ministère de l’économie et considèrent celui des outre-mer, rue Oudinot, un peu comme une dépendance de la mairie du François. « La devise de Bernard Hayot, c’est “le bien ne fait pas de bruit et le bruit ne fait pas de bien” », confie une source proche de ces dossiers européens sous couvert d’anonymat.

« Les lobbyistes d’Eurodom sont discrets, ils ne s’exposent pas inutilement. Par contre, on les voit dans toutes les négociations à Bruxelles, au ministère de l’agriculture, à l’outre-mer, tout ce qui peut influer de près ou de loin sur les économies insulaires. Par exemple, alors que l’enveloppe du Posei [le programme d’options spécifiques à l’éloignement et à l’insularité, une enveloppe européenne de 320 millions d’euros fléchés vers l’outre-mer français – ndlr] était menacée, ils ont fait venir 250 socioprofessionnels des outre-mer à Bruxelles, Canaries et Madère compris. Le Posei a été maintenu pour deux ans et l’argent a été pris sur l’enveloppe de la politique agricole commune. »

Des plaintes qui n’aboutissent pas

Le délégué général d’Eurodom, Benoît Lombrière, ancien conseiller technique à l’outre-mer du président Nicolas Sarkozy, était auditionné en mars 2020 par la délégation aux outre-mer du Sénat. Au Palais du Luxembourg, dans une ambiance courtoise, il se permettait tout de même de tancer les autorités françaises : en cause, notamment, les aides européennes consacrées à la production de sucre. « L’instruction des dossiers d’aides d’État par la Direction générale de la concurrence et non plus par les directions sectorielles soulève une véritable inquiétude, s’inquiétait Benoît Lombrière. Cependant, nous sommes dans un dialogue constant avec la Direction générale de la concurrence et avec la Direction générale de la fiscalité. Nous avons l’habitude de discuter avec eux. Nous ne sommes pas en territoire inconnu. Il faudra cependant une inflexion dans la manière dont les administrations françaises justifient les aides. Il nous revient de commencer à éclairer ceux qui font les dossiers à Paris. »

L’avocate guadeloupéenne Maryse Coppet a déposé plusieurs plaintes devant la Commission européenne : elle s’insurge contre l’appropriation des fonds européens par ces groupes d’intérêts constitués. « Le problème, c’est que l’État ne se déjuge pas quand il est mis en cause et il est très difficile de faire avancer les choses parce que les plaintes devant l’Office de lutte antifraude [Olaf] européen n’aboutissent jamais, en raison de la mauvaise volonté de la France. Résultat, le Posei renforce les positions des gros producteurs. »

Les anciennes plantations, appelées "habitations", comme ici dans le sud de la Martinique, font actuellement l'objet de réhabilitations, au grand dam des militants anticolonialistes qui voudraient en faire des lieux de mémoire. © JS

Un poulet « né et élevé en Guadeloupe » (NEG) qui ne parvient pas à trouver son modèle économique alors que 99 % de la volaille consommée aux Antilles est importée ; une monoculture de la canne à sucre mortifère sur l’île de La Réunion alors que le taux de couverture, soit le rapport entre la valeur des importations et celle des exportations, est particulièrement faible dans l’île ; d’immenses hypermarchés et des zones commerciales qui défigurent les paysages alors que l’autonomie alimentaire devient un mirage toujours plus lointain dans les Dom ; les conséquences des situations de rente et les termes inégaux des échanges économiques tels que définis par les lobbys patronaux font des dégâts considérables. La vie chère n’est pas le moindre d’entre eux : selon le département ultramarin, les produits de première nécessité sont de 22 % à 38 % plus chers qu’en métropole.

« Bien sûr qu’ils prennent les fonds européens, mais il ne faut pas penser pour autant qu’ils sont intelligents, s’agace l’indépendantiste Garcin Malsa, en écoutant le récit de négociations bruxelloises depuis sa maison de Sainte-Anne, en Martinique. L’intelligence vient de nous, nous les avons aidés à se structurer. Ils fonctionnent comme des automates. » Parmi d’autres explications avancées, le mot « béké » trouverait son origine dans un mot africain, de la nation ashanti. Il désignerait « M’Béké », « ceux qui ont le pouvoir », en opposition à « ceux qui savent », les « M’Méké ».

« Après les grandes manifestations, le blocage total de l’économie, l’immense soulèvement populaire de 2009, les békés ont été contraints de faire une révolution sociologique, temporise un très bon observateur du climat social aux Antilles, qui préfère ne pas être cité. Cela est passé notamment par la Fondation Clément, un outil culturel au service des artistes caribéens, très régulièrement mis en avant dans la communication publique du groupe GBH. »

Sollicité, le groupe GBH n’a pas répondu à nos questionspas davantage que son président, Bernard Hayot. La Fondation Clément, que Bernard Hayot préside aussi, nous a fait savoir par courriel qu’il n’était « pas disponible ». Dans les documents qui mettent en avant l’action de la Fondation Clément, il est précisé que ce lieu, une ancienne habitation sur la commune du François, « a progressivement élargi ses horizons, ces dernières décennies, en s’ouvrant au public ou en accueillant des invités aussi prestigieux que les présidents Bush et Mitterrand. Mais, au-delà de ces événements, il a su conserver son identité et rester fidèle à sa mémoire, témoignant d’un passé qui fut, comme partout à la Martinique, fait de grandeurs et de misères et qui réunit aujourd’hui les Martiniquais autour de l’art et de la culture ».

Au-delà des « grandeurs et des misères », il arrive que la machine économique et coloniale bien huilée déraille. Et c’est aux Antilles françaises, là où la caste patronale est la plus puissante, que le plus terrible raté de ce système déjà ancien s’est produit : l’empoisonnement de la population au chlordécone. Une statistique résume tous les chiffres du mal-développement et de l’accaparement des richesses : les Martiniquais et les Guadeloupéens détiennent le record mondial par habitant de taux de cancers de la prostate.

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 Voici quelques petits bijoux de la langue française que vous ne connaissiez peut-être pas…

Le plus long mot palindromique de la langue française est « ressasser ».  C'est-à-dire qu’il se lit dans les deux sens.

« Institutionnalisation » est le plus long lipogramme en « e » C'est-à-dire qu'il ne comporte aucun « e ».

L'anagramme de « guérison » est « soigneur »  C'est-à-dire que le mot comprend les mêmes lettres.

« Endolori » est l'anagramme de son antonyme « indolore », ce qui est paradoxal.

« Squelette » est le seul mot masculin qui se finit en « ette »

« Où » est le seul mot contenant un « u » avec un accent grave.  Il a aussi une touche de clavier à lui tout seul !

Le mot "simple" ne rime avec aucun autre mot. Tout comme "triomphe", "quatorze", "quinze", "pauvre", "meurtre", "monstre", "belge", "goinfre" ou "larve".

« Délice », « amour » et « orgue » ont la particularité d'être de genre masculin et deviennent féminin à la forme plurielle. (Toutefois, peu sont ceux qui acceptent l'amour au pluriel !!)

« Oiseaux » est, avec 7 lettres, le plus long mot dont on ne prononce aucune des lettres : [o], [i], [s], [e], [a], [u], [x] .

« oiseau » est aussi le plus petit mot de langue française contenant toutes les voyelles.

APOPHTEGME : (prononcer « apoftègme ») Un APOPHTEGME est un précepte, une sentence, une parole mémorable ayant valeur de maxime. Si le mot « apophtegme » est difficile à prononcer ou à écrire, il devient un plaisir quand on en lit un !

Quelques exemples... 

L'homme descend du songe. (Georges Moustaki)

Elle était belle comme la femme d'un autre. (Paul Morand)

L'enfant est un fruit qu'on fit. (Leo Campion)

Dis moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu hais. (Francis Blanche)

Quand il y a une catastrophe, si on évacue les femmes et les enfants d'abord, c'est juste pour pouvoir réfléchir à une solution en silence. (Winston Churchill)

La tolérance, c'est quand on connaît des cons et qu'on ne dit pas les noms. (Michel Audiard)

L’expérience est l’addition de nos erreurs.

C’est mathématique : Un cocu est un entier qui perd sa moitié pour un tiers. (Jean Carmet)

Passer pour un idiot aux yeux d’un imbécile est une volupté de fin gourmet. (G. Courteline)

Tout le monde pense ; seuls les intellectuels s’en vantent. (Philippe Bouvard)

Le jour ou Microsoft vendra quelque chose qui ne se plante pas, je parie que ce sera un clou.

Elle est tellement vieille qu'elle a un exemplaire dédicacé de la Bible.

La chute n’est pas un échec. L’échec c’est de rester là où on est tombé. (Socrate)

Quand Rothschild achète un Picasso, on dit qu'il a du goût. Quand Bernard Tapie achète un tableau, on demande où il a trouvé les ronds.

Si la Gauche en avait, on l'appellerait la Droite. (Reiser)

Si on ne faisait les choses qu’après y avoir mûrement réfléchi, on ne coucherait jamais avec personne. (Ray Bradbury)

"Parlement"… mot étrange formé de "parler" et "mentir". (Pierre Desproges)

Quand un couple se surveille, on peut parler de "communauté réduite aux aguets".

Lorsque un minable attaque un autre minable, il faut s’attendre à "une guerre interminable".

Il y a trois sortes de personnes : Celles qui savent compter et celles qui ne savent pas.

Un trou noir c’est troublant.

Il faisait tellement froid que j’ai vu un socialiste avec les mains dans ses propres poches.

Mieux vaut être une vraie croyante qu’une fausse sceptique.

Mieux vaut être un papa au rhum qu’un gâteux sec.

N'attendez pas la solution de vos problèmes des hommes politiques puisque ce sont eux qui en sont la cause (Alain Madelin)

Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. (J-B. Bossuet)

Pardonner, c’est refuser de rester une victime.

On peut donner le bonheur sans l’avoir... c’est d’ailleurs comme cela qu’on l’acquiert. (Voltaire)

mardi 27 janvier 2026

 Quand les portes se sont finalement ouvertes et que le monde extérieur des camps est devenu visible à nouveau, la ruée de la libération n'était pas un flot soudain de joie - c'était une matinée tranquille et fragile. Après des années où les corps ont été traités comme des machines, brisés par la faim et l'épuisement, le simple acte debout ressemblait à une lutte monumentale.



Dans les jours qui ont suivi la libération, les équipes médicales ont encouragé les survivants à essayer de courtes promenades douces pour retrouver leurs forces. Pour un étranger, cela aurait pu ressembler à un simple exercice médical, mais pour ceux qui avaient vécu l'impensable, ces quelques mètres instables étaient une révolution. Pour la première fois dans une éternité, le mouvement n'était pas une réponse à un commandement aboyé ou une menace de violence ; c'était un choix.


Ces premières promenades ont été le début d'une profonde transformation. Pendant des années, la marche a été un outil de cruauté - marches forcées, travail sans fin et routine écrasante des appels. Mais alors que les survivants s'appuyaient sur des cannes de fortune ou sur les épaules de leurs frères et sœurs, ce même mouvement est devenu quelque chose de sacré. Chaque pas était une déclaration tranquille qu'ils étaient toujours là, que leurs corps leur appartenaient à nouveau et que l'espace autour d'eux n'était plus une cage. Il n'y avait pas de destinations pleines de peur qui attendaient au bout du chemin ; il n'y avait que le plein air et le retour de l'agence.


La liberté, dans sa forme la plus pure et la plus intime, s'est pratiquée dans ces moments tranquilles de persistance. Cela n'a pas été trouvé dans un grand discours ou un document signé, mais dans le courage qu'il a fallu pour rassembler des forces et avancer sans permission. Chaque foulée instable était une brique dans les fondations d'une nouvelle vie, une façon d'apprendre à habiter à nouveau le monde en tant que personne plutôt qu'en nombre.


Nous partageons cette histoire aujourd'hui pour nous rappeler que la guérison est un voyage de mille miles qui commence par un seul pas tremblant - et que même lorsque nous sommes au plus faible, l'acte d'aller de l'avant est la plus grande victoire de toutes. 

vendredi 9 janvier 2026

 “David Bowie, naissance d’une légende” : des années de galères à l’éclosion


De ses débuts amateurs à son avènement glam rock en 1973, David Bowie va connaître sa part d'échecs et de flops. Mais confiant en son talent et porté par une époque effervescente et pop, il va réussir sa mutation en multipliant les identités et en poussant le rock dans ses retranchements. Dès son enfance dans une banlieue londonienne, il n'a qu'une idée : partir, changer de dimension et de personnalité. En 1962, le jeune mod rejoint ou crée des groupes qu'il vampirise par son charisme, sans succès. Mais son écriture, elle, commence à faire la différence : il est l'un des premiers à évoquer son vécu ou à parler du point de vue d'un enfant. En 1969, son single "Space Oddity" le place en orbite.


En 1965, un inconnu du nom de David Bowie passe une audition à la BBC avec les Lower Third. Si le dandy anglais se rêve en pop star, le verdict tombe : « Ce groupe n’a rien qui retienne l’attention. Le chanteur est amateur, se trompe de notes et chante faux. » Ha, ha, ha ! Quelle ironie ! Deux ans après David Bowie, les cinq dernières années, tourné au crépuscule de ses mille vies, le Britannique Francis Whately boucle la boucle avec David avant Bowie. Ce portrait échevelé se concentre sur ses années de galère… avant la consécration, en 1972, sous les traits extraterrestres de Ziggy Stardust.



*

Télévision

Ce soir à la télé : notre sélection du vendredi 9 janvier
Pour une fin de semaine devant la télévision,  un beau documentaire sur Bowie .

r.

Constellé d’archives solaires animées comme des diapos vintage, le film revient brillamment aux origines du mythe. Celui d’un enfant de Brixton mal-aimé (« Je n’étais pas très heureux. Mes parents m’embrassaient rarement. J’ai toujours été en manque d’affection »), mais au charisme fou et à l’ambition démesurée, qui, très tôt, a choisi de se transcender (« La passion qui anime les gens un peu curieux d’eux-mêmes est de s’échapper, de fuir pour essayer de découvrir qui ils sont »). Pour se trouver et se démultiplier, l’étoile en devenir touche à tout : mime, danse, théâtre, mode… À travers le témoignage vibrant de ses proches (le batteur Phil Lancaster, la ballerine Hermione Farthingale, qui lui brisa le cœur, sa cousine Kristina Amadeus…), Francis Whately dépeint la lente métamorphose de David Robert Jones en icône de la pop culture. Un artiste total, en perpétuelle mutation.
De ses débuts amateurs à son avènement glam rock en 1973, David Bowie va connaître sa part d'échecs et de flops. Mais confiant en son talent et porté par une époque effervescente et pop, il va réussir sa mutation en multipliant les identités et en poussant le rock dans ses retranchements. Dès son enfance dans une banlieue londonienne, il n'a qu'une idée : partir, changer de dimension et de personnalité. En 1962, le jeune mod rejoint ou crée des groupes qu'il vampirise par son charisme, sans succès. Mais son écriture, elle, commence à faire la différence : il est l'un des premiers à évoquer son vécu ou à parler du point de vue d'un enfant. En 1969, son single "Space Oddity" le place en orbite.
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DAVID BOWIE ÉTERNEL

 http://beaucommebowie.blogspot.com/

Sorti le 8 janvier 2016, deux jours avant le décès de la star, son dernier album était accompagné de ce ce clip. Une vidéo dans laquelle on voyait le chanteur allongé sur un lit d'hopital. "David m'a dit qu'il voulait 'une vidéo simple'. Comme la chanson s'appelait "Lazarus", je lui ai dit qu'il devait être dans un lit. Pour moi, ce titre évoquait quelque chose de biblique mais absolument pas la maladie", raconte le réalisateur. Dans ce documentaire, on apprend également que Bowie appris que son cancer était en phase terminale seulement trois mois avant sa mort, en d'autres termes, à la fin du tournage du clip "Lazarus".

David Bowie : Dernier acte




Synopsis

Voulant documenter les dernières années de David Bowie, disparu brutalement en janvier 2016, le réalisateur Jonathan Stiasny s'est finalement intéressé aux plus flamboyants avatars du maître, de Ziggy Stardust à l'album "Let's Dance", qui fit de lui une popstar. Le film entre surtout dans le processus créatif de l'artiste, soulignant sa manière unique d'intégrer l'époque dans chacune de ses incarnations. Qu'il assiste à la "guerre des étoiles" entre Russes et Américains, découvre la société américaine, assiste aux révolutions du bloc soviétique ou découvre avec enthousiasme l'arrivée d'Internet, Bowie observe, comprend et intègre le zeitgeist ("l'esprit du temps") dans sa musique depuis toujours.

vendredi 2 janvier 2026

HOMMAGE

 DOSSIER

«Petite chérie de la Côte d’Azur», Brigitte Bardot racontée en archives à Nice

Décès de Brigitte Bardot: les hommages des différentes personnalités politiques

Une exposition, mêlant son destin à celui de Michèle Mercier et Mylène Demongeot, retrace la carrière cinématographique et la vie privée de la dernière icône française, à travers photos d’archives et effets personnels.

Alignée au côté d’un porte-clefs et d’un scénario, une petite ballerine rouge, motif vichy où sont, entre les cases blanches, parfois dessinés quelques cœurs, repose derrière une vitrine, sous les clichés du film Et Dieu... créa la Femme. À l’intérieur du soulier, l’écriture fine et bouclée, mille fois reconnaissable, trace à l’encre bleue le nom de sa propriétaire : Brigitte Bardot. «Oh, mais j’avais les mêmes, exactement les mêmes, en bleu», s’émeut Claudette en retirant ses lunettes de soleil. Ce mardi 30 décembre, l’exposition niçoise consacrée aux «petites chéries de la Côte d’Azur : Mylène Demongeot, Michèle Mercier et Brigitte Bardot» ouvrait exceptionnellement ses portes, deux jours après le décès de cette dernière à 91 ans.

Derrière les verres fumés de l’octogénaire, les mêmes yeux de l’adolescente autrefois fan de B.B. s’animent et pétillent rien qu’à l’évocation des célèbres initiales. «De 1958 à 1962, j’ai été une fan inconditionnelle», se souvient-elle avec un large sourire. «On était un groupe de quatre copines, on allait tout le temps la voir au cinéma ! Ce n’était pas le film qu’on regardait, c’était Brigitte, bien sûr ! Ses tenues, ses manières, ses façons de faire... On voulait lui ressembler, l’imiter», éclate-t-elle de rire. Et de lister les robes vichy, les ballerines Repetto et les crêpages de cheveux «avec de l’eau et du sucre, pour pouvoir faire des coiffures hautes comme elle»«Et puis, Bardot était partie de chez elle très jeune. C’était impensable à l’époque , on la voyait comme un modèle».

Photos dédicacées, affiches, affaires personnelles

«Modèle», le terme revient dans toutes les bouches, tout au long de cette exposition pensée comme une rétrospective de la carrière des trois actrices, mais qui revêt depuis dimanche 28 décembre, une connotation particulière pour la star du Mépris et tant d’autres films. Ce jour-là, les entrées ont d’ailleurs doublé, comptabilisant six cents personnes. Affiches de films, photographies de tournage dédicacées, affaires personnelles, costumes de film et autres objets de collection ont été inaugurés une dizaine de jours auparavant, à l’initiative du département des Alpes-Maritimes qui a mis à disposition - gratuitement - son espace culturel Port-Lympia.

L’exposition, ouverte jusqu’au 12 avril 2026, est gratuite. L.T. / Le Figaro

Aux manettes, le mondain Henry-Jean Servat, ancien journaliste, auteur et éternel ami des stars, «dont trente-huit ans aux côtés de Brigitte»«Il fallait trouver une façon de lui rendre hommage, lui faire faire un dernier bal, une dernière révérence», explique doucement celui qui a rencontré l’icône «en 1987 pour une interview, et ça a été un coup de foudre amical»«On s’est très bien entendus. Et puis je l’ai revue, interviewée des dizaines de fois, je suis allé chez elle, à Saint-Tropez . Après, elle m’a accueilli à la Madrague et on a fini par faire des actions de commandos pour sauver des animaux ensemble», liste-t-il dans une émotion toujours mêlée d’admiration. L’immense majorité des pièces exposées proviennent de sa collection personnelle, «y compris des portraits Harcourt mais je n’ai pas pu mettre tout ce que j’avais sur elle», admet-il presque à regret.

«Tout le monde la connaît»

À l’entrée de la première salle, une affiche des studios de la Victorine, signée à son attention. Puis, une archive de la télévision française relatant le passage au festival de Cannes de Brigitte Bardot fascine tous ceux qui passent devant le petit écran, puis s’y arrêtent. «J’ai grandi en Russie, à l’époque où c’était encore l’Union soviétique», raconte Valeria. «Vu de là-bas, elle représentait l’eldorado français, c’était une ouverture sur la culture, une nouvelle forme de cinéma et d’autres façons de penser», songe-t-elle. «Bien sûr qu’en Russie ou ailleurs tout le monde la connaissait ! Les réseaux sociaux ne parlent que de ça».

Au fond, la voix mutine et inimitable résonne, alors que l’extrait de L’Histoire très bonne et très joyeuse de Colinot Trousse-Chemise, son dernier film, tourne en boucle devant un portrait de l’actrice enlaçant son chien. «Une grande gueule»«un sacré caractère» et «une liberté de ton», se répète-t-on au fil de la visite. Sans oublier «sa contribution pour la cause animale . Il y a eu un avant et un après. Ne serait-ce que pour les manteaux de fourrure. C’est impensable d’en porter aujourd’hui», reconnaît Georus, venu avec son épouse faire «une visite clin d’œil» à B.B.

Livre d’or en hommage à Brigitte Bardot

À l’étage, les destinées de ses «deux copines»Michèle Mercier et Mylène Demongeot«Elles ont pratiquement le même âge, le même genre de physique, elles se connaissaient», témoigne Henry-Jean Servat. «J’ai voulu montrer beaucoup de choses avec mes archives personnelles et, à travers, l’affection qu’elles avaient pour leur public mais aussi leur relation indissociable avec la Côte d’Azur», décrit l’ancien conseiller municipal en charge de la Protection animale et du Cinéma de 2020 à 2023, à Nice.

Lui espère désormais exporter son exposition au Grand Palais en l’axant sur Brigitte Bardot. «Elle avait quelque chose de plus que les autres», réaffirme Claudette en hochant la tête devant une affiche du film de Roger Vadim«Quelque chose que les autres, même plus jeunes, plus fines, n’avaient pas». Sur le livre d’or disposé à l’entrée, les témoignages noircissent peu à peu les premières pages, retraçant tantôt des souvenirs - «J’ai eu la chance de vous rencontrer» - tantôt des ressentis personnels - «Mon héroïne», «mon idole» peut-on y lire. Ou simplement les mots «Merci Madame Bardot».

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6 commentaires
  • 2389353 Le Pragmatique

    le 

    La manie française qui consiste à "déblatérer" sur tout ce qui est mis en lumière nous semble inutile et improductif.
    Elle était la vitrine de la France à l'étranger. On l'adulait. Sur le plan de la popularité elle permettait à nos exportateurs de tous genres d'avoir des atouts lors de leurs actions professionnelles. Merci BB.

  • FRANCOISE TARD

    le 

    et si c’était vraiment Dieu qui l’avait créée…???Une beauté …. divine !

  • anonyme

    le 

    Pourquoi avoir retiré les commentaires négatifs ?

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