Le deuil n’est pas un instant. Ce n’est pas une ombre qui s’efface simplement parce que le temps avance. Il demeure, se transforme, et devient un compagnon silencieux pour ceux qui ont perdu un être aimé. Le monde voudrait croire que le chagrin a une date d’expiration, qu’il finira par disparaître, mais la vérité, c’est que la perte ne se contente pas d’emporter une personne—elle emporte aussi des fragments de la vie d’avant, réécrivant les fondations mêmes de notre existence. Quand quelqu’un s’en va, le monde ne s’arrête pas. Le temps poursuit sa course, les gens continuent, les saisons changent. Mais pour ceux qui restent, tout bascule. Les lieux autrefois emplis de rires résonnent désormais du poids de l’absence. Les moments partagés laissent une empreinte incomplète. Ce n’est pas seulement l’absence que l’on pleure—c’est la perte de ce qui fut, la perte de tout ce qui aurait pu être. Certains demandent : « Tu es encore en deuil ? » comme si le temps pouvait alléger l’amour qui...
Barbara JOLIVET Barbara SVILARICH