Accéder au contenu principal

LES SHADOKS

 29 avril 1968 : première diffusion télévisée des Shadoks, un événement important dans l'histoire de la TV puisque cette série d'animation était une des plus connues et influentes de cette époque.




      Dans la deuxième moitié du XXe siècle, l'Office de radiodiffusion-télévision française (ORTF) - créée en 1964 - possédait les deux principales chaînes de télévision françaises et proposait divers programmes télévisés. Elle proposait notamment des séries d'animation, telles que « Le Manège enchanté » - qui inspira le film de 2005 - qui fut diffusé par divers chaînes de 1964 à 1995. Cette entreprise employait alors le producteur Jacques Rouxel (1931-2004) qui travaillait sur la création de publicités et de dessins animés pour divers clients, et c'est ainsi qu'il proposa un film d'animation, « Drôles d'oiseaux », dans lequel évoluait un inventeur et un oiseau. Son projet ne fut pas retenu en 1966, mais il n’abandonna pas et c'est en s'inspirant des comic strips américains qu'il décida de changer la forme de son idée en faisant des spots d’interlude. 


     Cette nouvelle idée plu au directeur des programmes de l'ORTF André Voisin (1923-1991) et des premiers spots mettant en scène les Shadoks furent ainsi tournés. Ces oiseaux aux longues pattes dessinés avec un graphisme simple venaient de naître sous le crayon du dessinateur Jean-Paul Couturier (1943-2002), tandis que leurs noms étaient inspirés du groupe de rock  The Shadows - alors très populaire - auquel l’auteur ajouta les consonnes D et K - considérés comme « dures » - pour symboliser le côté « bête et méchant » de ces créatures. Le projet aboutit finalement à un feuilleton, dont le premier épisode fut diffusé après le journal du soir du 29 avril 1968. Parmi les autres créateurs, nous pouvons également citer René Borg (1933-2014) qui s'occupait de la réalisation et le célèbre acteur Claude Piéplu (1923-2006) qui s'occupait de la narration.


     Cette série d'animation suscita rapidement une polémique du fait de l’humour absurde des aventures narrées, au point que plusieurs téléspectateurs accusaient le programme d’être stupide et incohérent. En revanche, d'autres téléspectateurs adorèrent ce programme qui rencontrait le succès. Malgré une brève interruption de mai à septembre 1968, cette série connut trois saisons qui étaient diffusées sur la première chaîne de l’ORTF jusqu'en 1973, puis sur TF1 à partir de 1975. Une quatrième saison fut également produite sur la chaîne Canal + en 2000, tandis qu'un épisode spécial fut finalement diffusé en 2016. Cette série était ainsi constituée de 208 épisodes. Signe de son succès, les Shadoks eurent également le droit à des livres illustrés, à un jeu vidéo et à une exposition au Musée international des arts modestes, alors que certaines de ces expressions et leur univers trouvent encore un écho dans notre culture populaire.

Posts les plus consultés de ce blog

PROMOTION SAINT-CYR AMITIé FRANCO-BRITANNIQUE

  AMITIE FRANCO-BRITANNIQUE (1939 - 1940) Promotion Amitié Franco-Britannique 1939-1940 L'Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr « Ils s'intruisent pour vaincre » Les Promotions de l’ÉCOLE SPÉCIALE MILITAIRE de SAINT-CYR Créée par Napoléon BONAPARTE 1 er consul, - loi du 11 floréal AN X (ou 1 er mai 1802) -, l’École Spéciale Impériale Militaire avait été installée au Château de Fontainebleau de juin 1803 à juin 1808. Le 1er juillet 1808, les 655 élèves quittent Fontainebleau à pied, et par étapes entrent à SAINT-CYR le 3 juillet, tambour battant. A Saint-Cyr, elle relève le Prytanée qui fait mouvement sur LA FLÈCHE. Elle y demeurera jusqu’aux jours sombres de juin 1940 ; attachant désormais à son nom, celui de la petite ville où elle a tenu garnison pendant 132 ans. Le 23 juillet 1944, les bâtiments de l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr sont détruits par les bombardements alliés. Le retour de la S...

ALGÉRIE

  La conquête de l’Algérie, une « nouvelle croisade » Bataille d'Ascalon, 18 novembre 1177, tableau de Charles-Philippe Larivière, 1844 - source : Château de Versailles-WikiCommons   Dès son déclenchement en 1830, la colonisation de l’Algérie est perçue par une certaine frange de la presse monarchiste comme un retour des «  croisés » sur les terres des « infidèles ». Les figures de Louis IX et Richard Cœur-de-Lion sont, sans surprise, mobilisées. La  conquête de l’Algérie  fut une entreprise coloniale d’une violence rare, entraînant, durant sa première phase, entre 1830 et 1848, selon l’historien Jacques Frémeaux, entre 300 000 et 400 000 victimes (sur une population estimée à 3 millions d’habitants), en grande partie civiles.  Pour atténuer cet aspect, en France, elle est surtout présentée à l’époque comme une entreprise glorieuse et chevaleresque héritière des croisades du Moyen Âge. Ce parallèle plaît aussi aux descendants d...

Saint-Tropez

  Bernard Arnault, seigneur de Saint-Tropez  Saint-Tropez n’a plus rien d’un village de pêcheurs. Le luxe a envahi la commune et LVMH y règne en maître. Sous le regard médusé des élus d’opposition, le groupe profite des largesses de la mairie, et inversement.