lundi 2 mars 2026

l’opération “Epic Fury”

 

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🟧 5 clés pour la guerre de Trump en Iran

Numéro spécial Iran. Cinq observations sur une bascule politique majeure : Trump contre lui-même, pourquoi la diplomatie a échoué, le faucon Graham, la MAGA-colère qui bout et la fanfare Fox News.

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Hi everyone ! Zeitgeist spécial Iran.

Evidemment.

J’ai consacré plusieurs numéros de Zeitgeist ces dernières semaines à vous raconter pourquoi Trump hésitait à frapper le régime de Téhéran (j’étais assez fier, comme un gamin, de mes titres “Iran ou Ira(n) pas ?”, ou “Western en Iran”).

Je vais donc partager avec vous cinq observations à la volée, une sorte de miscellanées, sur ce que je retiens de cette guerre déclenchée il y a deux jours par le président Trump, et célébrée avec trompettes et grosse caisse sur Fox News depuis deux jours.

En décidant de frapper Khamenei, Trump a pris la décision la plus majeure de son second mandat. Peut-être même de toutes ses années à la Maison-Blanche.

Pas seulement pour des raisons militaires, stratégiques, diplomatiques.

Mais pour des raisons politiques, qui tiennent à son identité politique, à ce qui fait qu’il a été élu, et réélu, et qui ont fait de lui l’un des personnages les plus singuliers de l’histoire américaine.

Trump joue sa présidence.

Je vous raconte pourquoi.

1- Trump fait du contre-Trump

Il faut bien mesurer que pendant des décennies, avant même d’être en politique, Donald Trump a construit une partie de son personnage public contre l’interventionnisme aventureux à l’étranger.

Alors qu’il n’était qu’une célébrité du monde des affaires de Manhattan et qu’il présentait sa télé-réalité, il répétait que les politiciens de Washington étaient idiots de se laisser aspirer dans des guerres lointaines, coûteuses, interminables et humiliantes, car les États-Unis donnaient l’impression qu’ils n’étaient pas en mesure de les gagner.

Quand il est entré en politique en 2015, il en a fait un carburant électoral. Il a dénoncé l’Afghanistan et l’Irak, ces “guerres sans fin”, ces guerres qui semblent durer toujours, qui ont épuisé l’opinion, vidé des budgets, brisé des vies et nourri l’idée que l’Amérique, à force de vouloir refaire le monde, finissait par se perdre elle-même. Il clamait que les stratégies de “regime change” sont un “échec avéré, total”. Et il promettait de “cesser de se précipiter pour renverser des régimes étrangers”, d’en finir avec la tentation de renverser des gouvernements au nom d’une morale livrable en kit.

Il parlait à une base populaire fatiguée des drapeaux pliés sur les cercueils, des amputés, des bilans humains et des mensonges.

Car les recrutements massifs dans la foulée du 11 septembre, ceux qui sont allés mourir en Afghanistan et en Irak, étaient surtout des fils et des filles de classes populaires.

L’un des meilleurs exemples est son vice-président, JD Vance, gamin d’une famille pauvre de l’Ohio qui s’est engagé à la sortie du lycée dans les Marines, non seulement pour des raisons patriotiques, mais aussi parce que c’était un moyen de payer ses études (le Pentagone finance assez largement les études de ceux qui ont servi sous les drapeaux). Son déploiement de six mois en Irak et ses quatre années sous les drapeaux permettent de mieux comprendre son opposition amère aux néoconservateurs va-t-en-guerre.

En 2024, Trump rejoue la même pièce, plus fort. Il s’est vanté de n’avoir déclenché “aucune nouvelle guerre” pendant son premier mandat, contrairement à ses prédécesseurs. Il a martelé que si Kamala Harris gagnait, “elle nous entraînerait dans une Troisième Guerre mondiale, garanti”, qu’elle enverrait les “fils et les filles” des Américains “se battre dans une guerre, dans un pays dont vous n’avez jamais entendu parler”. Il promettait, encore et encore, d’être un président de la paix. Le “président de la PAIX”, comme il aime désormais se désigner lui-même (je vais y revenir).

Et puis, à peine un an plus tard, la scène s’inverse.

Dans la nuit de samedi, Trump annonce l’ouverture d’une nouvelle guerre au Moyen-Orient. Le “président de la PAIX” devient, de fait, le président de guerre, avec un objectif explicite.

Faire tomber le régime de Téhéran.

Ce qu’il dénonçait devient ce qu’il fait.

Dans sa vidéo publiée au milieu de la nuit sur les réseaux sociaux pour justifier cette attaque auprès des Américains, et particulièrement de sa base électorale, il déroule une liste d’accusations contre l’Iran sur près d’un demi-siècle. La quête d’armes nucléaires, les missiles balistiques, le soutien à des groupes terroristes ayant attaqué des Américains et des alliés, la prise d’otages de 1979 à l’ambassade des États-Unis à Téhéran, et jusqu’au massacre récent de manifestants iraniens.

Mais, comme l’a noté Peter Baker, l’un des correspondants du New York Times à la Maison-Blanche depuis des décennies, il n’explique pas pourquoi tout cela exige une action maintenant plutôt qu’hier, ni comment son raisonnement a changé.

Car Trump appelle bien les Iraniens à renverser leurs dirigeants :

“Quand nous en aurons fini, prenez le contrôle de votre gouvernement. Il sera à vous de le prendre.”

Puis, quand il annonce que la frappe a tué Ali Khamenei et le décrit comme “l’une des personnes les plus mauvaises de l’Histoire”, la rhétorique n’est plus celle d’une “opération” limitée, c’est bien celle d’un renversement, d’une bascule de régime.

On se pince quand Trump écrit que les forces de police et les gardiens de la révolution devraient “fusionner pacifiquement avec les patriotes iraniens” et travailler ensemble pour “rendre au pays la grandeur qu’il mérite”. Les massacrés pourraient tenir la main aux massacreurs...

En mai dernier, devant des leaders arabes, Trump déclarait à Riyad que “l’ère du changement de régime mené par les États-Unis était terminée”, et il se moquait des “interventionnistes occidentaux” et des “bâtisseurs de nations” qui “ont détruit bien plus de nations qu’ils n’en ont construit”. Neuf mois après, il lance l’opération “Epic Fury et pousse les Iraniens à “prendre le contrôle” de leur gouvernement, “soutenus par la force américaine”.

Que s’est-il passé ?

Pourquoi ce basculement ?

Le Wall Street Journal fournit ce matin une piste. Selon le quotidien conservateur (traditionnellement moins isolationniste que la ligne trumpiste habituelle), une conviction s’est installée chez Trump et ses conseillers après l’opération de janvier au Venezuela.

L’idée qu’une stratégie de “regime change” ne mène pas forcément à un nouvel Irak. On peut renverser sans occuper, décapiter sans reconstruire.

Trump a grandi politiquement sur la fatigue de l’Irak et de l’Afghanistan, sur le rejet d’un establishment qui promettait des démocraties et laissait des ruines. Il a vendu “America First” comme une sortie de l’Histoire. Et le voilà, désormais, en train de refaire exactement ce qu’il jurait d’enterrer.

Une guerre, une logique de renversement, une promesse de “jour d’après” floue.

Il reste au président et à ceux qui l’ont convaincu de changer d’avis à espérer que le Trump de 2016 ne reviendra pas comme un fantôme hanter le Trump de 2026.


2- Pourquoi Trump a changé d’avis

Mon 📚 Food for Thought, c’est pour vous encourager à lire (de façon générale et en ce moment en particulier) les excellentes infolettres d’Axios, et particulièrement celles signées Marc Caputo et Barak Ravid, deux des journalistes les mieux informés sur les questions de diplomatie et de défense sous l’administration Trump.

Dans leur article “Deux mois, deux trajectoires : comment Trump a choisi la guerre contre l’Iran”, ils racontent les deux mois qui ont précédé la frappe conjointe américano-israélienne contre l’Iran et la mort du guide suprême Ali Khamenei. Ils racontent comment, pendant toute la crise, Donald Trump a avancé sur deux rails parallèles, la diplomatie et la préparation militaire. Vendredi, écrivent-ils, il a choisi la guerre”.

L’article s’ouvre sur une scène précise. Samedi matin, alors que les bombes israéliennes s’abattent sur le complexe gouvernemental de Téhéran, Khamenei tient une réunion en surface avec ses principaux conseillers. “Il ne l’a jamais vu venir”, notent les auteurs. L’attaque, expliquent-ils, est l’aboutissement d’une séquence “pleine de rebondissements, de revirements de dernière minute et de désinformation délibérée”. L’ambiguïté entretenue par Trump devient en elle-même “un atout stratégique”.

Les racines de l’opération remontent à fin décembre. Benjamin Netanyahu se rend à Mar-a-Lago pour discuter d’un possible prolongement des frappes de l’année précédente, initialement envisagées autour du mois de mai.

Au même moment, un soulèvement populaire éclate en Iran. La répression est brutale. “L’AIDE EST EN ROUTE”, écrit Trump sur Truth Social, exhortant les manifestants à prendre le contrôle des institutions. Le 14 janvier, selon Axios, Trump est “sur le point d’ordonner des frappes”, mais se ravise. À la place, il ordonne un renforcement massif du dispositif militaire américain au Moyen-Orient et lance, discrètement, la planification d’une opération conjointe avec Israël.

Les semaines suivantes voient défiler à Washington le directeur du Mossad, puis le chef du renseignement militaire israélien et le chef d’état-major de Tsahal. Les préparatifs des opérations “Epic Fury” et “Roaring Lion s’accélèrent.

En parallèle, Trump explore une autre voie. La négociation. Début février, des discussions ont lieu à Oman, puis à Genève. Les émissaires Jared Kushner et Steve Witkoff se montrent sceptiques, mais trois responsables cités par Axios insistent, les pourparlers “n’étaient pas une simple manœuvre de façade”. Trump voulait “tenter de parvenir à un accord”. Les Iraniens sont avertis que des frappes “auraient lieu si nous ne constations pas rapidement de véritables progrès vers un véritable accord”.

Une semaine avant Genève, Américains et Israéliens se mettent d’accord sur une fenêtre d’attaque potentielle. Un samedi, jour où Khamenei tient une réunion régulière avec ses conseillers. Reste un défi central, comment éviter qu’il ne se réfugie dans son bunker souterrain. Un article d’Axios évoquant la possibilité d’un assassinat suscite des inquiétudes chez les planificateurs israéliens, mais le dirigeant iranien ne modifie pas son agenda.

À Genève, selon un responsable américain, “l’une des règles de la négociation est de savoir très vite s’il y a un accord possible ou non”. Après la première session, Kushner et Witkoff appellent le vice-président Vance pour signaler que “les écarts restaient importants”. Une seconde réunion n’y change rien. Axios cite “un haut responsable” :

“La proposition iranienne était du pipeau et visait uniquement à gagner du temps”

“Il n’y avait rien de concret sur quoi travailler.”

Trois points bloquent. L’enrichissement nucléaire, les missiles balistiques et le financement des groupes armés alliés de Téhéran. Les États-Unis proposent du combustible nucléaire gratuit pour un programme civil, en échange de l’abandon de l’enrichissement. Refus. Les missiles ne sont “en aucune circonstance” négociables. Quant au financement régional, il reste tabou.

Après Genève, le ministre omanais des Affaires étrangères tente une médiation de dernière minute à Washington. Mais “le président avait déjà pris sa décision”. Interrogé sur l’imminence d’une attaque, Witkoff esquive.

Samedi matin, comme anticipé, Khamenei réunit ses conseillers. Pas dans son bunker. Deux autres réunions de responsables sécuritaires se tiennent simultanément à Téhéran. Quelques minutes plus tard, les trois sites sont frappés au même moment.

Un responsable israélien conclut auprès d’Axios que si les Iraniens avaient donné à Trump “ce qu’il voulait”, il aurait “freiné”.

“Ils ont été arrogants et ont pensé qu’il ne passerait pas à l’action. Ils se sont trompés.”

Lisez Axios, vous ne le regretterez pas.



3- L’influent faucon Graham

Quand les historiens raconteront comment le président des États-Unis s’est résolu (et a réussi) à abattre l’ayatollah à la tête du régime qui défie la nation la plus puissanet du monde depuis plus de 45 ans, ils devront se pencher sur le rôle essentiel qu’a joué en coulisses le sénateur Lindsey Graham, sénateur de Caroline du Sud, le faucon le plus influent de Washington auprès du président Trump.

Je vous ai raconté dans plusieurs numéros de Zeitgeist ces dernières semaines comment il a mouillé la chemise pour convaincre Trump, allant même jusqu’à tancer Khamenei en le traitant de “gros borgne”, référence à la scène finale de True Grit, un western avec John Wayne.

Quand la crise iranienne s’est emballée cet hiver, le sénateur républicain de Caroline du Sud a fait ce qu’il fait depuis des années avec Trump.

Il s’est collé à lui, il l’a flatté, il l’a harcelé, il a occupé l’espace médiatique et il a répété la même idée, encore et encore, jusqu’à ce qu’elle ressemble à une évidence.

Dès janvier, Graham pousse déjà l’option la plus radicale à la télévision. Sur Fox News, il exhorte Trump à “tuer” les dirigeants qui répriment les manifestants, et vise explicitement le guide suprême.

“Si j’étais vous, Monsieur le Président, je tuerais les dirigeants qui tuent leur peuple. Il faut arrêter ça.”

Il va plusieurs fois par semaine sur Fox News, dans les émissions que regarde le président, en premier lieu celle du trumpiste Sean Hannity, diffusée le soir à 21h.

Il y traite Khamenei de “Hitler moderne” et de “nazi religieux”.

Dans une autre séquence, il va jusqu’à lancer à l’ayatollah :

“Donald J. Trump va vous tuer.”

Fin février, toujours sur Fox, Graham parle de “moment mur de Berlin”. Il décrit un régime iranien “au plus faible depuis 1979”, parle d’un “carrefour” qui “définira l’histoire”, et dit espérer un changement de régime, d’une manière ou d’une autre.

Il répète au téléspectateur Trump que “l’histoire nous regarde”.

La comparaison est explicite. Reagan, la marche vers 1989, l’Union soviétique qui s’effondre dans la foulée, et la gloire légendaire dans l’Amérique républicaine (et au-delà).

Graham déroule la même méthode depuis une décennie avec Trump, après l’avoir affronté lors de la primaire républicaine en 2015. C’est même l’un de ceux avec lesquels l’homme d’affaires s’était accroché le plus frontalement dès son entrée en campagne.

Après avoir été humilié par Trump, Graham a compris comment tisser son influence auprès de lui. Il l’amuse. Il est divertissant (Graham est connu pour ses traits d’humour, délivrés dans un accent du Sud qui a le goût des biscuits et du mac’n cheese de ses contrées). Il joue au golf avec lui, passe souvent ses week-ends à Mar-a-Lago, et en semaine il est tout le temps à la Maison-Blanche.

Il cultive une proximité qui donne “des heures d’accès” au président. Aucun parlementaire n’est plus à proximité du président que Graham.

Comme ici lorsqu’il pose dans Air Force One avec le président auquel il a remis une casquette Make Iran Great Again.

Et quand il n’est pas à la Maison-Blanche, à Mar-a-Lago, ou sur Fox News, Graham sillonne le monde pour appuyer ses positions et ses convictions. Il était récemment à la conférence de sécurité de Munich, a martelé que c’est “une chance générationnelle” de se débarrasser d’un “régime meurtrier”, puis il a filé en Israël, aux Émirats et en Arabie saoudite pour “coordonner” et “chercher du soutien”.

À chaque occasion, il répète les mêmes arguments au président, il exhorte Trump à ignorer les conseillers trop prudents autour de lui, ces voix qui voudraient temporiser, et en premier lieu son vice-président Vance.

Dire qu’il a, à lui seul, “convaincu” Trump serait excessif. Mais il a joué un rôle crucial.

Alors depuis samedi, il fait le tour des antennes pour crier victoire (et féliciter le président, il n’oublie jamais de féliciter le président). Dès les premières heures des frappes, il fanfaronnait en direct au téléphone sur Fox News.

“L’homme le plus maléfique de cette fichue planète est mort !

Mort de chez mort ! Grâce à la détermination du président Trump.”

Si nous perdons quelqu’un dans cette opération, ils mourront d’une mort noble, parce qu’ils auront vécu leur vie et sacrifié leur vie pour nous rendre plus en sécurité ici, chez nous.”

Comme souvent quand il va sur Fox News, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle il passe autant de temps, il s’adresse à un téléspectateur en particulier.

“Donald J. Trump, vous venez de dépasser Ronald Reagan en tant que président républicain le plus marquant depuis Lincoln. Vous êtes un Reagan plus, plus, plus.”

Entretien un peu plus poussé hier matin dans Meet the Press, l’émission politique dominicale de NBC. La journaliste Kristen Welker commence par cette question :

Welker : Les États-Unis sont-ils en guerre contre l’Iran ?

Graham : Je pense que l’ayatollah dirait que oui.”

Welker rappelle à Graham qu’il avait voté, comme membre de la Chambre des représentants, pour l’intervention en Irak du président George W. Bush.

Welker : Le Congrès doit-il désormais voter pour approuver cette guerre contre l’Iran ?

Graham : Non (…)

Welker : Quelle est la différence ? Vous avez voté pour donner à George Bush l’autorisation d’entrer en guerre contre l’Irak.

Graham : Parce qu’il est venu la demander. Il est venu la demander.”

Welker insiste, rappelle l’opposition ancienne de Trump aux stratégies de changement de régime, comme en Irak, une position “centrale” de sa promesse “L’Amérique d’abord”.

Welker : Les frappes du président contre l’Iran vont-elles à l’encontre de tout ce qu’il avait promis au peuple américain, sénateur ?

Graham : Tout le contraire (…) “L’Amérique d’abord”, ce n’est pas mettre la tête dans le sable (…) “L’Amérique d’abord”, c’est tuer ceux qui nous veulent du mal et qui ont tenté de nous détruire (…) “L’homme le plus maléfique de la planète n’est plus.”

Où cela amène-t-il l’Amérique ? Graham ne le sait pas.

Graham : Notre objectif est de nous assurer que l’Iran ne puisse plus redevenir le principal État sponsor du terrorisme. C’est une victoire pour nous.

Welker : Existe-t-il un plan pour que cela se produise, sénateur ? Le président a-t-il un plan pour garantir que cela arrive ?

Graham : Non. Ce n’est ni son travail ni le mien de faire cela.”

Et cette nuit, Graham était de retour sur Fox News.

“Le président Trump est en train d’achever ce que le président Reagan n’a pas réussi à faire. Je suis un grand admirateur de Ronald Reagan, mais je suis ici pour vous dire que Donald Trump est, à mon avis, l’étalon-or des Républicains, peut-être même de tous les présidents, en matière de politique étrangère.

Maduro ? Tout le monde en parlait ? Eh bien, Donald Trump l’a mis en prison.

Cuba est la prochaine. Ils vont tomber. La dictature communiste à Cuba. Leurs jours sont comptés.”

Dézoom

Bon, Zeitgeist ne serait pas Zeitgeist si je ne vous ressortais pas des archives quelques pépites qui permettent de mesurer à quel point Graham a oeuvré pour le faire changer d’avis. Car la décision de frapper Téhéran et Khamenei est une bascule pour Trump.

En 2012 :

“Maintenant que les sondages d’Obama sont en chute libre, attendez-vous à ce qu’il lance une frappe en Libye ou en Iran. Il est désespéré.”

En 2013 :

“Rappelez-vous ce que j’ai dit précédemment : Obama attaquera un jour l’Iran pour montrer sa fermeté.”

Toujours en 2013 :

“Rappelez-vous que j’ai prédit il y a longtemps que le président Obama attaquerait l’Iran en raison de son incapacité à négocier correctement. Il n’est pas compétent !”

En 2016 :

“Nous allons cesser de nous précipiter pour renverser des régimes étrangers que nous ne connaissons pas, et dans lesquels nous ne devrions pas nous impliquer.”

Dans les derniers jours de la campagne en 2024 :

“Si Kamala gagne, il n’y aura que mort et destruction, parce qu’elle est la candidate des guerres sans fin. Je suis le candidat de la paix. Je suis la paix.”

Dans son discours de victoire le soir de l’élection, en novembre 2024 :

“Je ne vais pas déclencher une guerre. Je vais mettre fin aux guerres.”

Deux mois plus tard, dans son discours d’investiture :

“Nous mesurerons notre réussite non seulement aux batailles que nous remportons, mais aussi aux guerres auxquelles nous mettons fin, et peut-être surtout aux guerres dans lesquelles nous n’entrons jamais.”



4- MAGA trahison, MAGA colère

Je rebondis sur ces déclarations.

On ne peut pas seulement les ranger dans le tiroir des promesses électorales fracassées sur la réalité du pouv

TRIBUNE DE GILLES KEPEL

  « Une page de l’Histoire, ouverte en 1979 en Iran, vient de se tourner » : le grand décryptage de Gilles Kepel Gilles Kepel.  Fabien Clair...