La découverte saisissante du cahier de Susi Feldsberg, une écolière juive cachée dans leur ferme, raflée le 26 août 1942 puis gazée à Auschwitz, m’a poussé à réaliser mon premier film en 2013. En retournant sur des lieux de mémoire, je me suis souvent demandé comment représenter le passé et l’invisible, lorsqu’il n’y a plus de traces. « Il n’y avait aucune réalité à filmer, il fallait la créer, il fallait que je m’hallucine », expliquait Lanzmann à propos de Shoah. D’où l’importance de la parole des témoins, amenés à disparaître.
2025 marquait à la fois les 40 ans du film Shoah (1985) et le centenaire de la naissance de Claude Lanzmann (1925-2018). A cette occasion, Guillaume Ribot livre un magnifique documentaire, « Je n’avais que le néant - Shoah par Lanzmann », réalisé à partir des rushes non retenus au montage du film. Il nous plonge dans le making off de ce film-monument, montrant le cinéaste en proie au doute et prêt à tout pour faire advenir la vérité : celle que les bourreaux ont appris à dissimuler et les survivants, à ensevelir. Entretien.
Marianne : Quel lien entretenez-vous avec le film Shoah de Claude Lanzmann et en quoi son travail fait-il écho au vôtre ?
Guillaume Ribot : Je n’ai pas pu voir le film à sa sortie en 1985. Je n’avais que 14 ans et j’habitais un petit village, Saint-Geoire-en-Valdaine en Isère, loin des cinémas. Mais je me souviens de Claude Lanzmann sur les plateaux télé et de cet extrait où s’affichait à l’écran le visage du SS Franz Suchomel, filmé en caméra cachée. La découverte de Shoah remonte aux années 1990, je commençais la photographie, passionné d’histoire : ce film m’a laissé sans voix, provoquant un choc esthétique immédiat, presque physique.
Plus tard, lors d’un long parcours photographique en Ukraine avec Patrick Desbois, [ce prêtre parti sur les traces de la « Shoah par balles »], les mots de ma grand-mère me sont revenus: « Ça n’a pas été facile pour les oncles dans les camps, pendant la guerre », disait-elle. Je travaillais sur la mémoire, l’histoire et la Shoah depuis 12 ans, mais j’avais été incapable de me pencher sur mon histoire. Bien que ma famille ne soit pas juive, en faisant des recherches sur le site allemand de l’International Tracing Service de Bad Arolsen, j’ai découvert que le frère de ma grand-mère et son cousin, fermiers dans le Lot-et-Garonne, avaient été déportés à Auschwitz et transférés à Buchenwald, en tant que résistants.
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