C'est en 1590, à la bataille d'Ivry, que le roi de France aurait prononcé le célèbre « ralliez vous à mon panache blanc ».
Ne pas manquer de panache |
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Nous sommes le 14 mars 2026 soit très exactement quatre cent trente-six ans après la bataille d’Ivry, épisode marquant des guerres de religion qui à durablement imprimé la mémoire collective grâce au panache (blanc) d’Henri IV. En 1590, la Ligue catholique domine alors la France du nord (et Paris). Henri IV, protestant, n’est le souverain du royaume que depuis quelques mois et l’assassinat de son cousin éloigné (et beau-frère) Henri III. Sa légitimité est contestée. Alors que l’armée royale assiège la capitale, tenue par les Ligueurs, le duc de Mayenne tente de déverrouiller l’accès afin d’approvisionner la ville. Les deux armées s’affrontent en Normandie, à Ivry – aujourd’hui dans l’Eure, opportunément renommée Ivry-la-Bataille. Celle de la Ligue est supérieure en nombre. A l’aube du 14 mars, après un échange d’artillerie, les cavaleries s’entrechoquent et l’affrontement tourne vite à la confusion. C’est à ce moment qu’Henri IV – dont le casque était orné de grandes plumes blanches très visibles (son panache, donc) aurait harangué ses troupes avec ces mots, passés à la postérité (et sans doute un peu embellis) dans le récit d’Agrippa d’Aubigné : « Ne perdez point de vue mon panache ; vous le trouverez toujours au chemin de l’honneur et de la victoire. » Lien direct ou pas, c’est bien l’armée royale qui triomphe à Ivry et ce « ralliez-vous à mon panache blanc » devient une formule symbolique attachée à la figure rassembleuse d’Henri IV – même si les guerres de religion ne prennent pas fin ce jour-là. Au XIXᵉ siècle, le panache sera autant repris par les monarchistes que par l’iconographie de la IIIᵉ République comme emblème d’unité nationale. Ne voyez cependant aucune allusion politique contemporaine dans cette newsletter, la période de réserve s’imposant en ce week-end électoral municipal : la politique nationale est d’ailleurs tout à fait absente de notre sélection de la semaine (qui ne manque cependant pas de panache). Bonne lecture et bon week-end |
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