La Bataille de Gaulle. J’écris ton nom : plus militaire et spectaculaire

Simon Abkarian et Thierry Lhermitte dans le second volet du diptyque La Bataille de Gaulle-J’écris ton nom, d’Antonin Baudry.
Simon Abkarian et Thierry Lhermitte dans le second volet du diptyque La Bataille de Gaulle-J’écris ton nom, d’Antonin Baudry. Copyright 2026 Pathé Films - TF1 Films Production - Belvédère - Auvergne Rhône Alpes Cinéma - Photo Malgosia Abramowska

CRITIQUE - Le second volet du diptyque d’Anthonin Baudry se déploie en alternant batailles, diplomatie et mise en place de la Résistance.

Le mot « liberté » brille par son absence dans le titre. Pourtant, cette « libération » irrigue chaque scène du second volet de La Bataille de Gaulle. J’écris ton nom . Le message est sous-jacent, comme les annonces sibyllines de Radio Londres. À chaque spectateur de le décrypter.

    Dans le premier volet du diptyque d’Antonin Baudry, qui se déroulait entre 1940 à 1942, l’intrigue mettait en évidence la solitude d’un militaire retiré à Londres. Un Français perdu dans ses chimères de France libre, mais qui avait réussi à séduire Churchill (Simon Russell Beale) par sa droiture, son éclat et son côté « quichotesque ». Tel un chien dans un jeu de quilles, Charles de Gaulle (Simon Abkarian, magistral dans le rôle de sa vie) apparaissait très sûr de ses idéaux, demandant à ses rares troupes de lui faire confiance en regardant « dans la direction de son bras ».

    PASSER LA PUBLICITÉ

    Une narration plurielle

    Après avoir rassemblé une poignée de Français désireux de combattre Pétain, tel le fidèle René Pleven (Loïc Corbery), le général Pierre Kœnig (Benoît Magimel), stratège efficace dans la bataille de Bir Hakeim en 1942, ou le général Leclerc (Niels Schneider), l’homme du 18 Juin doit maintenant composer avec Roosevelt (Campbell Scott). Le second volet commence en 1943. Le président américain n’a pas d’admiration particulière pour le Général, qu’il voit plutôt comme un obstacle à ses plans impérialistes devant une France en ruine et qu’il effacerait volontiers de la photo finale des vainqueurs d’Adolf Hitler. L’heure du Débarquement approche, il y a urgence.

    Plus que jamais, Baudry privilégie une narration plurielle. Il fait avancer en parallèle les parades tactiques de De Gaulle contre Roosevelt et Churchill qui se posent en maîtres du jeu, la montée en puissance du général Giraud (Thierry Lhermitte) avec qui il est censé partager le pouvoir, la mise en place du Conseil national de la Résistance par Jean Moulin (Félix Kysyl) à Lyon et les batailles sur le terrain.

    Dans le désert libyen, le général Leclerc affiche un courage, une fidélité et une détermination sans faille. À grand renfort de musique tonitruante - mais pas seulement sur les scènes de conflit -, Baudry orchestre les combats contre les nazis avec une belle maestria. Pendant ce temps, dans l’ombre, Livia (Anamaria Vartolomei) seconde avec efficacité et abnégation Jean Moulin, occupé à rassembler syndicats et partis politiques. Les moments de bravoure sont nombreux dans ce journal de guerre aussi intense qu’explosif.

    Avec une cohérence sans faille et un talent de conteur certain, Antonin Baudry amplifie le mouvement qu’il avait amorcé dans le premier volet. En s’attachant à décrire l’ascension et l’intransigeance du général de Gaulle, son récit trouve sa voie, puissante et claire. Sa mise en scène, habitée, est digne d’une grande fresque populaire. Plus tendu, plus militaire et plus spectaculaire, le film a le bon goût de laisser l’ennemi et les horreurs de la Gestapo en dehors de l’écran. Des images d’archives viennent renforcer la fiction quand la 2e DB menée par Leclerc entre dans Paris. La capitale est en liesse. Les partisans de la France libre exultent.

    Notre avis: 3/4

    Posts les plus consultés de ce blog

    Saint-Tropez

    ALGÉRIE

    Le tunnel maritime de Stad en Norvège