vendredi 2 janvier 2026

HOMMAGE

 DOSSIER

«Petite chérie de la Côte d’Azur», Brigitte Bardot racontée en archives à Nice

Décès de Brigitte Bardot: les hommages des différentes personnalités politiques

Une exposition, mêlant son destin à celui de Michèle Mercier et Mylène Demongeot, retrace la carrière cinématographique et la vie privée de la dernière icône française, à travers photos d’archives et effets personnels.

Alignée au côté d’un porte-clefs et d’un scénario, une petite ballerine rouge, motif vichy où sont, entre les cases blanches, parfois dessinés quelques cœurs, repose derrière une vitrine, sous les clichés du film Et Dieu... créa la Femme. À l’intérieur du soulier, l’écriture fine et bouclée, mille fois reconnaissable, trace à l’encre bleue le nom de sa propriétaire : Brigitte Bardot. «Oh, mais j’avais les mêmes, exactement les mêmes, en bleu», s’émeut Claudette en retirant ses lunettes de soleil. Ce mardi 30 décembre, l’exposition niçoise consacrée aux «petites chéries de la Côte d’Azur : Mylène Demongeot, Michèle Mercier et Brigitte Bardot» ouvrait exceptionnellement ses portes, deux jours après le décès de cette dernière à 91 ans.

Derrière les verres fumés de l’octogénaire, les mêmes yeux de l’adolescente autrefois fan de B.B. s’animent et pétillent rien qu’à l’évocation des célèbres initiales. «De 1958 à 1962, j’ai été une fan inconditionnelle», se souvient-elle avec un large sourire. «On était un groupe de quatre copines, on allait tout le temps la voir au cinéma ! Ce n’était pas le film qu’on regardait, c’était Brigitte, bien sûr ! Ses tenues, ses manières, ses façons de faire... On voulait lui ressembler, l’imiter», éclate-t-elle de rire. Et de lister les robes vichy, les ballerines Repetto et les crêpages de cheveux «avec de l’eau et du sucre, pour pouvoir faire des coiffures hautes comme elle»«Et puis, Bardot était partie de chez elle très jeune. C’était impensable à l’époque , on la voyait comme un modèle».

Photos dédicacées, affiches, affaires personnelles

«Modèle», le terme revient dans toutes les bouches, tout au long de cette exposition pensée comme une rétrospective de la carrière des trois actrices, mais qui revêt depuis dimanche 28 décembre, une connotation particulière pour la star du Mépris et tant d’autres films. Ce jour-là, les entrées ont d’ailleurs doublé, comptabilisant six cents personnes. Affiches de films, photographies de tournage dédicacées, affaires personnelles, costumes de film et autres objets de collection ont été inaugurés une dizaine de jours auparavant, à l’initiative du département des Alpes-Maritimes qui a mis à disposition - gratuitement - son espace culturel Port-Lympia.

L’exposition, ouverte jusqu’au 12 avril 2026, est gratuite. L.T. / Le Figaro

Aux manettes, le mondain Henry-Jean Servat, ancien journaliste, auteur et éternel ami des stars, «dont trente-huit ans aux côtés de Brigitte»«Il fallait trouver une façon de lui rendre hommage, lui faire faire un dernier bal, une dernière révérence», explique doucement celui qui a rencontré l’icône «en 1987 pour une interview, et ça a été un coup de foudre amical»«On s’est très bien entendus. Et puis je l’ai revue, interviewée des dizaines de fois, je suis allé chez elle, à Saint-Tropez . Après, elle m’a accueilli à la Madrague et on a fini par faire des actions de commandos pour sauver des animaux ensemble», liste-t-il dans une émotion toujours mêlée d’admiration. L’immense majorité des pièces exposées proviennent de sa collection personnelle, «y compris des portraits Harcourt mais je n’ai pas pu mettre tout ce que j’avais sur elle», admet-il presque à regret.

«Tout le monde la connaît»

À l’entrée de la première salle, une affiche des studios de la Victorine, signée à son attention. Puis, une archive de la télévision française relatant le passage au festival de Cannes de Brigitte Bardot fascine tous ceux qui passent devant le petit écran, puis s’y arrêtent. «J’ai grandi en Russie, à l’époque où c’était encore l’Union soviétique», raconte Valeria. «Vu de là-bas, elle représentait l’eldorado français, c’était une ouverture sur la culture, une nouvelle forme de cinéma et d’autres façons de penser», songe-t-elle. «Bien sûr qu’en Russie ou ailleurs tout le monde la connaissait ! Les réseaux sociaux ne parlent que de ça».

Au fond, la voix mutine et inimitable résonne, alors que l’extrait de L’Histoire très bonne et très joyeuse de Colinot Trousse-Chemise, son dernier film, tourne en boucle devant un portrait de l’actrice enlaçant son chien. «Une grande gueule»«un sacré caractère» et «une liberté de ton», se répète-t-on au fil de la visite. Sans oublier «sa contribution pour la cause animale . Il y a eu un avant et un après. Ne serait-ce que pour les manteaux de fourrure. C’est impensable d’en porter aujourd’hui», reconnaît Georus, venu avec son épouse faire «une visite clin d’œil» à B.B.

Livre d’or en hommage à Brigitte Bardot

À l’étage, les destinées de ses «deux copines»Michèle Mercier et Mylène Demongeot«Elles ont pratiquement le même âge, le même genre de physique, elles se connaissaient», témoigne Henry-Jean Servat. «J’ai voulu montrer beaucoup de choses avec mes archives personnelles et, à travers, l’affection qu’elles avaient pour leur public mais aussi leur relation indissociable avec la Côte d’Azur», décrit l’ancien conseiller municipal en charge de la Protection animale et du Cinéma de 2020 à 2023, à Nice.

Lui espère désormais exporter son exposition au Grand Palais en l’axant sur Brigitte Bardot. «Elle avait quelque chose de plus que les autres», réaffirme Claudette en hochant la tête devant une affiche du film de Roger Vadim«Quelque chose que les autres, même plus jeunes, plus fines, n’avaient pas». Sur le livre d’or disposé à l’entrée, les témoignages noircissent peu à peu les premières pages, retraçant tantôt des souvenirs - «J’ai eu la chance de vous rencontrer» - tantôt des ressentis personnels - «Mon héroïne», «mon idole» peut-on y lire. Ou simplement les mots «Merci Madame Bardot».

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6 commentaires
  • 2389353 Le Pragmatique

    le 

    La manie française qui consiste à "déblatérer" sur tout ce qui est mis en lumière nous semble inutile et improductif.
    Elle était la vitrine de la France à l'étranger. On l'adulait. Sur le plan de la popularité elle permettait à nos exportateurs de tous genres d'avoir des atouts lors de leurs actions professionnelles. Merci BB.

  • FRANCOISE TARD

    le 

    et si c’était vraiment Dieu qui l’avait créée…???Une beauté …. divine !

  • anonyme

    le 

    Pourquoi avoir retiré les commentaires négatifs ?

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