TRIBUNE - La mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, après les frappes effectuées par les États-Unis et Israël, est une conséquence directe de la guerre déclenchée le 7 Octobre par le Hamas, analyse l’islamologue*. Désormais, un nouveau chapitre de l’Histoire s’ouvre, ajoute-t-il.
*Gilles Kepel est professeur émérite des universités, il a notamment publié « Le bouleversement du monde. Du 7 Octobre au retour de Donald Trump » (édition actualisée, Pocket, 2025).
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🟧 5 clés pour la guerre de Trump en IranNuméro spécial Iran. Cinq observations sur une bascule politique majeure : Trump contre lui-même, pourquoi la diplomatie a échoué, le faucon Graham, la MAGA-colère qui bout et la fanfare Fox News.
Hi everyone ! Zeitgeist spécial Iran. Evidemment. J’ai consacré plusieurs numéros de Zeitgeist ces dernières semaines à vous raconter pourquoi Trump hésitait à frapper le régime de Téhéran (j’étais assez fier, comme un gamin, de mes titres “Iran ou Ira(n) pas ?”, ou “Western en Iran”). Je vais donc partager avec vous cinq observations à la volée, une sorte de miscellanées, sur ce que je retiens de cette guerre déclenchée il y a deux jours par le président Trump, et célébrée avec trompettes et grosse caisse sur Fox News depuis deux jours. En décidant de frapper Khamenei, Trump a pris la décision la plus majeure de son second mandat. Peut-être même de toutes ses années à la Maison-Blanche. Pas seulement pour des raisons militaires, stratégiques, diplomatiques. Mais pour des raisons politiques, qui tiennent à son identité politique, à ce qui fait qu’il a été élu, et réélu, et qui ont fait de lui l’un des personnages les plus singuliers de l’histoire américaine. Trump joue sa présidence. |
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Mort de Quentin : l'ultra gauche en accusation, LFI sous pression
Quentin Deranque, militant identitaire de 23 ans, est mort samedi soir à Lyon après avoir été passé à tabac jeudi dernier, en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Science Po. Une enquête criminelle a été ouverte pour « homicide volontaire » a annoncé le procureur de la République ce lundi lors d’une conférence de presse. « Au moment où je vous parle, il n’y a pas eu interpellation. À ce stade, l’enquête cherche à identifier l’ensemble des auteurs directs des faits criminels en se basant non pas sur des rumeurs, mais sur des éléments recueillis lors des investigations de police. Puis les interpellations seront effectuées » a -t-il ajouté alors que ce drame provoque le choc et enflamme la classe politique.
Dimanche, le ministre de l’Intérieur avait estimé au 20 heures de France 2 que « manifestement, l’ultragauche » était « à la manœuvre ». Laurent Nunez avait également pointé du doigt la possible implication du groupe antifasciste La Jeune Garde. « L’enquête permettra de confirmer ou non s’il s’agissait de militants de la Jeune Garde. Mais les témoignages vont manifestement en ce sens », avait-il ajouté.
Selon le collectif identitaire Némésis, proche de l’extrême droite, Quentin Deranque aurait été agressé jeudi soir par des militants antifascistes, alors qu’il faisait partie du service d’ordre chargé d’assurer la sécurité de ses militantes qui manifestaient contre une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Il avait été pris en charge en début de soirée par les secours et placé dans le coma, avec un pronostic vital engagé. Il est décédé samedi.
Depuis, la droite et l’extrême droite ont accusé l’ultragauche d’en être responsable.
Le Rassemblement national parle de milices d’extrême gauche et réclame leur qualification de terroristes. Dans la foulée, des locaux de campagne LFI ont été vandalisés à Metz et à Lille.
Le président Emmanuel Macron, après avoir lancé samedi un appel « au calme, à la retenue et au respect », a souhaité que soient condamnés « les auteurs de cette ignominie ». Il a également dénoncé dimanche les « expressions antisémites » d’un parti, selon lui « à l’extrême gauche ».
« Tous les récits qui ont été faits dans les heures qui ont suivi n’ont aucun rapport avec la réalité », a déclaré depuis Montpellier le leader des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon, qui a également exprimé la « sidération », l’« empathie » et la « compassion » des Insoumis après l’agression du jeune homme. Le député LFI Raphaël Arnault, cofondateur du groupe antifasciste La Jeune Garde, a exprimé samedi « horreur et dégoût » après l’annonce de la mort de l’étudiant, et a dit sur X souhaiter que « toute la lumière soit faite ». Son collaborateur parlementaire, mis en cause par le collectif identitaire Némésis, « dément formellement être responsable de ce drame » et « se retire de ses fonctions » de collaborateur « durant le temps de l’enquête », a déclaré son avocat dans un communiqué.
La présidente de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet, a annoncé sur X ce lundi avoir décidé, « à titre conservatoire et sans préjudice des suites de l’enquête judiciaire, de suspendre ses droits d’accès à l’enceinte de l’Assemblée nationale, afin de prévenir les troubles à l’ordre public que sa présence est susceptible de susciter ». Début février, dans une interview accordée à nos journalistes à retrouver dans l'émission du jour, la président de l’Assemblée nationale a appelé à tirer des leçons des débats autour du budget et à changer les règles avant l’été.
. Alors, que s’est-il passé jeudi dernier à Lyon ?
. Où en est l’enquête sur la mort de Quentin Deranque ?
. Qu’est-ce que La Jeune Garde, le groupe antifasciste pointé du doigt ?
. La spirale de la violence est-elle enclenchée ?
Nous en parlerons ce soir dans #cdanslair à partir de 17h45 sur France 5. Posez-nous dès maintenant toutes vos questions en commentaire ou sur notre site : http://bit.ly/EmissionCdanslair.
Durant la Seconde Guerre mondiale, il y a ceux qui ont caché des Juifs, ceux qui ont planqué des collabos et… ceux qui ont protégé les deux, comme l’Église catholique. Voilà toute la complexité du sujet sensible et encore plein de mystères auquel la réalisatrice Anne Véron s’est attaquée : la « route des monastères », aussi appelée la « route des rats ». Soit les réseaux clandestins permis par des hommes d’Église, grâce auxquels ont fui des dignitaires nazis de premier plan, comme le « boucher de Lyon » Klaus Barbie, ou Adolf Eichmann, artisan de la solution finale. « C’est un sujet compliqué, sur lequel on ne peut pas être noir ou blanc, ni extrapoler », confie la documentariste, autrice de nombreux films sur la mafia (dont Le Dieu de la mafia, prix du jury au festival de Pessac en 2022).
La preuve, appuie l’historienne Nina Valbousquet : « Parmi les dignitaires concernés, se trouvait l’importantissime cardinal français Eugène Tisserant (1884-1972). » Déclaré Juste parmi les nations par le Mémorial de Yad Vashem pour avoir caché des Juifs, ce cardinal avait pourtant fait de même avec des membres français de la Milice, l’organisation paramilitaire de Vichy. Chaque fois, une même justification : ces « réfugiés » méritent le pardon universel. « Cette approche est ambiguë, car le Vatican se présente comme neutre dans le conflit. Sa position est aussi poussée par son anticommunisme », détaille Nina Valbousquet, qui a signé l’ouvrage Les Âmes tièdes. Le Vatican face à la Shoah (éd. La Découverte, 2024).
Il était important de montrer les preuves, car on ne connaît encore que des morceaux.
Prônant officiellement la clémence au moment de la dénazification de l’Allemagne, l’Église catholique tente de convertir les nazis non catholiques, en échange d’un soutien, notamment financier. C’est dans ce contexte que se créent les réseaux d’exfiltration, en particulier ceux que mettra au jour l’historien Gerald Steinacher, auteur des Nazis en fuite (éd. Perrin, 2015), en fouillant dans les archives diplomatiques et celles de la Croix-Rouge. « C’est l’un des rares à avoir étudié le sujet en profondeur », souligne Anne Véron. Cet historien l’a aidée à approfondir une piste qu’elle a initialement découverte en écoutant un podcast sur la fuite d’Adolf Eichmann.
En remontant le fil de cette histoire, on découvre comment des figures catholiques ont localement inventé ces réseaux, en exploitant notamment les commissions pontificales d’aide aux réfugiés pour porter assistance aux cohortes de déplacés et leur fournir des papiers d’identité. Parmi eux, Alois Hudal (1885-1963), évêque aux sympathies nazies assumées, et cerveau de la « route des rats ». Avec cette matière encore pleine d’ombres et sensible, il n’était pas question d’asséner, mais plutôt de tâtonner. « Plutôt qu’un récit, le film se déploie comme une enquête qui avance à chaque nouveau document », relate Anne Véron. Quitte, par exemple, à faire lire certaines archives par des intervenants : « Il était important de montrer les preuves, car on ne connaît encore que des morceaux. » Un clair-obscur qui devrait néanmoins continuer à s’éclairer, grâce à l’ouverture, en 2020, des archives du Vatican par le pape François.
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