Quand les portes se sont finalement ouvertes et que le monde extérieur des camps est devenu visible à nouveau, la ruée de la libération n'était pas un flot soudain de joie - c'était une matinée tranquille et fragile. Après des années où les corps ont été traités comme des machines, brisés par la faim et l'épuisement, le simple acte debout ressemblait à une lutte monumentale. Dans les jours qui ont suivi la libération, les équipes médicales ont encouragé les survivants à essayer de courtes promenades douces pour retrouver leurs forces. Pour un étranger, cela aurait pu ressembler à un simple exercice médical, mais pour ceux qui avaient vécu l'impensable, ces quelques mètres instables étaient une révolution. Pour la première fois dans une éternité, le mouvement n'était pas une réponse à un commandement aboyé ou une menace de violence ; c'était un choix. Ces premières promenades ont été le début d'une profonde transformation. Pendant des années, la marche a été...