12 septembre 2001. A la une de Libé , pas un mot, pas de titre. Juste une date, discrète, « 11 septembre 2001 » , qui s'inscrit dans la fumée d'une tour qui s'effondre. Et une photo qui occupe toute la une mais qui se déploie également sur la dernière page. A l'image d'un événement qui se passe de mots et d'une date qui, on le pressent déjà, se suffira à elle-même. A l'image d'un événement plus grand et plus invraisemblable que tout ce qu'on aurait pu imaginer. Ce jour-là, la rédaction de Libé a regardé la deuxième tour être percutée en direct, puis les deux s'effondrer. Elle a écrit et réécrit mille fois, en état de sidération, un journal qui tentait de rendre compte de ce monde qui s'écroulait en direct, avec le sentiment que les limites du possible venaient d'être déplacées. Si 25 ans plus tard, cette une est toujours aussi forte, c'est sans doute parce que, comme nous tous devant notre télé cet après-midi-là, elle a fait le par...